Quand le supramental devient philosophie

Un individu qui s’intéresse aux connaissances dans le domaine du supramental peut facilement tomber dans la philosophie supramentale, c’est-à-dire qu’il peut interpréter subjectivement les formes véhiculées par un initié, se les approprier comme étant des vérités, et s’en rendre prisonnier en leur attribuant une valeur. Faisant ceci, il s’approprie personnellement des formes plutôt que de les vibrer, de les intégrer par expérience. Un des pièges ici est que le mental inférieur, ignorant du réel, s’appuie sur une logique primaire et incomplète relative à la forme ainsi que sur la polarité, ou la valeur, accolée subjectivement à la forme, pour s’exécuter. Sachant que la polarité inverse de la vérité est le mensonge, il devient facile de voir qu’un individu vivant dans son intellect peut facilement « tout croire » pour ensuite tout renier en bloc, puisque son intellect ne peut intégrer le réel derrière les formes véhiculées par la parole de l’initié. L’intellect n’a pas la capacité vibratoire de toucher à l’énergie réelle derrière la forme.

La transition entre l’utilisation constante d’un mental inférieur vers l’utilisation d’une intelligence supramentale libre de la forme se fait donc de manière graduelle, par expérience et par intégration, d’où un pont à franchir et duquel l’individu peut facilement tomber s’il n’en voit pas les pièges. La lumière de l’homme prendra place en ce dernier au fur et à mesure que les résistances de son ego tomberont, et ceci n’est pas régi par le désir subjectif de l’homme mais par son intelligence réelle située sur un autre plan de conscience. Ce n’est pas parque que l’homme se sent prêt que son intelligence intégrale prendra place, car c’est son esprit universel qui connaît sa capacité véritable à intégrer le réel.

La croyance est l’assise de l’être sans identité réelle, car elle sécurise son ego en quête de réponses. La philosophie est ainsi basée sur le besoin de l’humain de croire à quelque chose. Ainsi, pour passer de la croyance au savoir, l’individu doit être patient, se donner du temps, puisque l’esprit utilisera les expériences dans sa vie afin de lui créer des chocs et des prises de conscience qui lui permettront de faire le saut en hauteur nécessaire afin de ne plus croire aux impulsions reçues dans son mental, mais de les recevoir comme on reçoit une lettre, c’est-à-dire comme provenant d’une source extérieure à soi, mais tout de même reliée à soi. L’individu peut ainsi devenir un témoin de ses pensées et graduellement cesser de leur accorder une importance au niveau personnel et subjectif.

Devenir le témoin de ses pensées n’est pas suffisant pour faire le saut en hauteur vers un mental intelligent ; nous pouvons constater que des siècles de méditation et d’observation des pensées n’ont pas su faire vibrer le réel chez l’homme. La marche manquante était la nouvelle capacité de l’homme à ne plus accepter de se faire dominer ou interférer par ses pensées. Durant la période de l’involution, l’homme acceptait de se faire dominer par les plans car il était naïf : il ne connaissait pas l’existence des différents plans d’intelligences, et n’en maîtrisait donc pas les lois, ni les fonctions. Avec l’instruction, l’homme réalisera de plus en plus le jeu de théâtre qui se joue dans son mental afin de l’éveiller au réel. Il réalisera que sa vie passée n’a été que bagatelle au niveau d’une intelligence réelle ; sa vie lui a servi d’expérience contrôlée karmiquement dans la forme et non d’expansion vers une créativité libre et dynamique. Les manipulations subtiles deviennent ainsi mieux détectées dans l’homme qui est de plus en plus mis en vibration devant ce qui, avant, le poussait à psychologiser avec lui-même. C’est ainsi qu’il développera une sensibilité nouvelle, une colère contre tout ce qui vient le violer mentalement. Ainsi, graduellement, il touchera à son essence réelle. Le supramental ne sera plus une simple philosophie puisqu’il en aura fait l’expérience dans son quotidien. Il sera ainsi capable d’utiliser sa parole afin de poursuivre l’expansion de sa conscience et d’en faire profiter à autrui.

L’homme qui demeure au stade de la philosophie supramentale ne peut vivre l’expansion de sa conscience puisqu’il baigne dans l’illusion que sa connaissance accumulée le mènera au savoir. Ceci fait de lui un bon croyant… mais tout croyant peut devenir un non-croyant du jour au lendemain, comme il peut aussi devenir un bon vendeur de vérités s’il a un bon talent d’orateur… et un bon vendeur de philosophie supramentale… mais ceci le maintiendra dans un mensonge profond face à lui-même et face à la vie, tout en assujettissant ceux qui l’écoutent au même mensonge.

La subjectivité que l’homme de la cinquième race racine accole aux formes, l’opacité de son ego ainsi que son ignorance face au réel ont comme résultat sa confusion, sa pollution et sa déchéance actuelles.

— Sandra Vimont, 2011


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