Perdre son temps

Perdre son temps est une impression, une illusion. Une illusion bien réelle, dans le sens que vous vivez réellement cette impression sur votre mental – et vous en subissez ainsi l’inconfort psychologique qui y est associé. L’impression de perdre son temps résulte de l’incapacité à l’homme de vibrer au-delà de cette impression ! Et qu’est-ce qu’il y a au-delà de cette impression ? Il y a le réel, qui devra un jour être lu correctement par le mental humain. Dans le réel, il n’y a pas d’impression, pas de coloration de la forme, pas de subjectivité, mais seulement une trajectoire d’énergie d’un plan à un autre.

L’homme qui observe le réel voit comment cette impression – de perdre son temps – sert à faire intégrer le phénomène du temps. Par contre, l’humain est ignorant et naïf des lois de la vie. L’humain ne comprend pas le temps dans son intégralité, car il n’en vibre que les effets subjectifs sur sa conscience endormie. Il a l’impression que le temps va trop vite, ou qu’il perd son temps, ou que le temps est long, mais ces états d’âme ne sont que des formes servant à l’éveil éventuel de l’homme réel. Ces formes serviront réellement l’homme à partir du jour où ce dernier cessera de vibrer à l’apparence que ces formes impriment sur son mental, à partir du jour où il détruira les fondations astrales derrière ses impressions du temps.

Le monde des formes empêche l’humain de savoir réellement, dans la mesure où l’ego s’attarde à la valeur psychologique des formes. Quand l’ego ne donnera plus de valeur subjective aux formes, l’être ne vivra plus à partir d’une personnalité réactive ou subjective, mais vivra de sa personne réelle. Il se servira de sa vision objective du monde des impressions afin d’en soustraire le pouvoir sur son être, et ainsi grandir en conscience. La forme lui servira ainsi de vecteur à la manifestation de son intelligence réelle. L’être ne sera plus soumis psychologiquement à des contrecoups karmiques, car il en verra les contours.

L’homme nouveau n’aura plus la personnalité colorée pouvant absorber subjectivement les impressions. L’humain involutif absorbe ces impressions au travers une personnalité de plus en plus flétrie devant son manque de pouvoir réel sur sa vie.

Le karma découle directement du besoin d’expérience de l’humain dans la forme. Par contre, un jour, l’homme intégral mettra un frein au pouvoir du karma sur sa vie puisqu’il n’en vivra plus la forme dans sa personnalité. L’homme intégral grandira en conscience en utilisant la forme du karma pour s’en libérer !

L’homme devra voir que l’impression de perdre son temps lui est soufflé dans son mental, et que s’il croit sa pensée, l’interprète dans son mental, et donc l’actualise, il en devient la victime karmique. C’est ici que l’on voit comment un karma se perpétue dans le temps ! Par appropriation personnelle de la pensée, donc par ignorance ! Un homme conscient qui ne vibre plus subjectivement devant le karma pourra vivre une nouvelle évolution, une évolution réelle et libre des limites psychologiques du temps. Autrement dit, l’homme nouveau aura assez d’autorité interne afin de ne plus se soumettre au jeu de l’interférence astrale.

L’impression de perdre son temps est jumelée à l’illusion que la vie réelle se retrouve dans l’apparence des formes. Tellement de valeur est donnée à la forme que l’être devient hypnotisé par elle, plutôt que d’en saisir les mécanismes intrinsèques. L’être qui voit l’illusion ne peut s’y assujettir puisque la perte de temps ne fait pas de sens pour lui. Ce concept est purement psychologique, subjectif, et laisse voir la faille profonde dans l’être qui le subit dans la forme. Celui qui comprend le mécanisme intelligent derrière la forme a la lucidité de conscience pour voir comment l’énergie derrière la forme manipule l’humain naïf et voilé. Ainsi, aucun temps n’est jamais perdu comme tel, car sa vie se joue dans la créativité qu’il manifeste devant les illusions, et non dans l’assujettissement de sa conscience devant le phénomène de l’intégration du temps de l’esprit.

L’humain vit de l’impression qu’en se projetant dans les expériences de la vie, que c’est là qu’il se manifeste pleinement. Ce sont dans ces moments qu’il se sent réellement vivant, qu’il sent vibrer la vie ! L’homme conscient, de son côté, n’aura plus besoin de se sentir vivant en vibrant psychologiquement des expériences, puisqu’il aura la capacité de contenir le réel de la vie, de l’absorber dans son entièreté… il sera donc réellement en vie et vibrant, et peu importe l’apparence des formes qu’il traversera dans son quotidien !

L’homme nouveau ne forcera plus le temps, dans le sens qu’il sera capable de contenir le temps de son esprit. De plus, aucun temps pour lui ne sera perdu puisqu’il tirera profit de chaque illusion ou impression sur son mental afin d’ouvrir davantage la porte de son savoir.

— Sandra Vimont, 2011


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