Se libérer du passé

Se libérer du passé

L’être humain est constamment mis sous tension face à des mémoires de son passé. Il se rappellera du tort qu’il a causé à quelqu’un, il se souviendra comment il a été blessé et trahi par un être qu’il aimait, de la mort d’un proche, d’un accident, d’une vision qu’il a eu, etc.

Ces impulsions mémorielles entrent dans son mental sous forme de pensées, et sont reliées à des images, à des formes. Ces formes représentent une partie de son expérience passée qu’il n’a pas intégré dans ses fondements, puisqu’il a vécu l’événement par rapport à sa forme extérieure et primaire, donc par rapport à ses schémas psychologiques réflexes. Vibrer à la forme du souvenir déclenche alors des émotions, comme de la culpabilité, de la rancœur, de la nostalgie, du désespoir, etc. Tous ces états émotifs sont les enfants de l’inconscience de l’homme qui vibre à la forme plutôt qu’à l’intelligence réelle devant la forme ; ceci est dû au fait que l’humain pense que c’est lui qui pense, et prend ces impulsions comme étant siennes, comme appartenant à sa personnalité pensante.

Il est à noter que les états émotifs ont une influence sur le plan physique de l’homme, et encore plus si l’impact émotif est important… mais rappelons-nous que c’est toujours l’appropriation de la pensée subjective devant un événement qui crée le choc émotif, et non l’événement comme tel.

Ainsi, veut-on que l’être humain change son attitude et devienne indifférent, ou impassible devant les événements ? Qu’il devienne une façade sans vie ? Réfléchir ainsi n’est qu’une interprétation de l’intellect qui ne vibre pas au réel, mais qui se limite à une lecture subjective des formes. Se mentir à soi-même en se donnant une attitude d’indifférence ne fera pas passer la phénoménologie de la pensée humaine à un niveau supérieur, bien au contraire…

Afin de se libérer de son passé, l’individu doit en premier lieu savoir que ce qui entre dans son mental doit être instantanément regardé par l’intelligence réelle en lui. Le souvenir du passé, qui est une information mémorielle, provient du plan astral de sa conscience et doit être regardé de manière à ne pas s’approprier de la valeur émotive qui y est attaché… mais plutôt d’y soutirer le fondement intelligent au niveau d’une conscience en évolution. Ceci est important car tout être qui vit de l’émotivité reliée à un souvenir du passé devient assujetti à cette pensée, et devra ainsi vivre le retour karmique de l’énergie derrière cette forme. L’énergie derrière la forme doit être intégrée, intelligencée, et non réfléchie !

Neutraliser les mémoires d’un passé difficile, c’est d’être capable de voir que l’événement-choc initial est arrivé afin que se produise un éveil de conscience, qu’une nouvelle capacité d’absorption vibratoire prenne place dans les corps subtils inférieurs de l’être. Vibrer encore et encore au même scénario indique que l’individu n’est pas prêt à dépasser les limites involutives de sa conscience inférieure.

Le jour où l’individu aura assez souffert de son passé, il développera la volonté de dire que ça suffit ! Il ne donnera plus de valeur à ses pensées de souffrance et comprendra que ces dernières devront servir de tremplin afin qu’il mette de l’ordre dans sa conscience en éveil. Le jour où l’individu sera capable de ne plus vibrer émotivement aux souffrances du passé, il touchera à un nouvel espace à l’intérieur de sa conscience, un espace qui le libèrera instantanément du fardeau de sa souffrance psychologique face à son passé.

Il n’y a donc pas d’attitude psychologique à adopter, mais une volonté réelle à appliquer, dans la mesure où l’individu sait qu’une mémoire du passé qui remonte en surface est la manifestation de sa lumière réelle qui veut siéger dans ses corps, anciennement occupés par la mémoire dense de la forme. L’être a donc un choix instantané à faire, c’est-à-dire qu’il aura le choix de vibrer à la mémoire du passé, ou de la dépasser par intelligence.

Lorsque se manifesteront des souvenirs souffrants, l’être nouveau aura la volonté de créer un nouvel espace mental vide de mémoires plutôt que de vibrer à la souffrance du passé. Ainsi, il ouvrira les portes de son accès à l’intelligence réelle de la forme, puisqu’il créera la plateforme, l’espace, nécessaire à sa manifestation créative. Autrement dit, si l’espace mental de l’être est empli d’émotivité et d’interprétations subjectives, aucune place n’est créée pour le changement vibratoire nécessaire à l’implantation d’une intelligence réelle, libre de la valeur mémorielle de la forme.

Le résultat d’un bien-être réel et permanent prendra un certain temps avant de se manifester chez l’individu, car l’être humain est impatient et cherche à combler ses désirs subjectifs plutôt que de vivre dans le réel de sa conscience.

Neutraliser des pensées souffrantes deviendra un jour une des plateformes sur laquelle l’homme en voie de conscientisation s’appuiera afin de bâtir sa nouvelle vie, son nouveau devenir, car il ne sera plus victime de la forme, mais vainqueur de sa propre vie manifestée dans le réel de sa conscience.

— Sandra Vimont, 2011


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