Comment traverser les moments de tensions avec nos proches

La première chose à savoir, c’est que la viabilité à long terme d’une relation de proximité est basée sur la capacité de chacun à se reposer avec l’autre.

Ensuite, il doit être su que toute tension qui émerge dans la relation doit être vécue de manière à ne pas perdre, ou à ne pas diffracter, nos énergies prépersonnelles (ces énergies sont celles qui précèdent la création de l’ego, c’est-à-dire l’esprit et l’Esprit universel ; ces énergies descendent dans l’ego). Cela implique qu’aucune réaction psychologique ne doit être vécue à travers les mécanismes de notre personnalité. Concrètement, cela veut dire que nous ne pouvons pas positiver les tensions que nous vivons, nous ne pouvons pas jouer à l’autruche (agir comme si la tension n’existait pas), ni blâmer l’autre ou l’événementiel. Tous les mécanismes subjectifs se traduisent par une incapacité de l’ego à intégrer ses énergies prépersonnelles et à supporter les énergies du réel de la vie.

La réponse évolutive que doit développer l’ego face aux tensions qu’il vit face à autrui est d’utiliser l’événementiel de manière à grandir en conscience. En d’autres termes, il doit entrer en rapport de force avec l’Invisible, avec une emphase dirigée vers son esprit. Il pourra alors exiger de recevoir des réponses face à ce qui se passe. Un jour, il deviendra prêt à se faire expliquer que toutes les tensions qu’il vit proviennent de la pénétration de son énergie prépersonnelle dans son système nerveux et dans ses corps. L’ego ne doit donc pas créer d’obstacles à cette énergie, faute de quoi il la diffractera.

Les tensions que vivent l’ego n’ont rien à voir avec la forme de l’événementiel qu’il traverse. Les événements sont toujours orchestrés par les esprits pour que l’être humain apprenne à supporter mentalement ce qui se passe, ou pour qu’il apprenne à mieux se connaître sans tomber dans le piège de la subjectivité. Cela implique que la personne doive développer une vision de plus en plus grande de ce qu’elle ne veut plus vivre ou faire subir à autrui, et d’agir en ce sens. Il est à noter que dans d’autres contextes, l’esprit ne crée pas d’événement et fait émerger une tension, ce qui peut être passablement déstabilisant pour l’individu qui ne comprend pas le réel de ce qui se passe. Par exemple, cela peut être vécu lorsqu’une personne a du plaisir avec des amis et soudainement, sans raison apparente, elle se sent déphasée ou opprimée. L’esprit mise alors sur le développement de la contenance énergétique de l’ego, c’est-à-dire sur la capacité de l’individu à ne pas essayer de trouver une explication psychologique ou subjective face à ce qu’il vit ; il doit plutôt utiliser l’énergie de cette tension et la retourner sur le plan de l’esprit en exigeant des réponses claires.

Cela étant, est-ce qu’il faut en déduire que nous devons supporter toutes les tensions que nous font vivre nos proches, avec le prétexte qu’elles servent faire évoluer la conscience de notre ego ? Cette question est fondamentale, car elle trace la ligne de ce que l’ego est prêt à supporter face à l’autre.

Une personne qui supporte ou maintient une relation dans laquelle elle est continuellement mise sous tension (relation dans laquelle elle devient sans cesse la victime de l’autre, dans laquelle se fait bousculer, se fait mettre en boîte ou se fait dominer par l’autre qui se prend pour son esprit : « je sais ce qui est bon pour toi, je sais ce que tu penses, j’ai le droit de te mettre en initiation pour te faire évoluer, etc. ») doit entrer dans sa sensibilité intérieure. Ensuite, elle doit apprendre à apposer des mots sur ce qu’elle ressent. Cela lui permet non seulement d’avoir une définition claire d’elle-même pour entrer en lutte avec son esprit, mais aussi de se donner un pouvoir de parole défini et nuancé pour parler à l’autre. Elle devient alors outillée pour établir ses limites avec respect face à autrui, tout en dénonçant comment la relation se fait contaminer. Bien sûr, toute forme de communication saine implique que chacun soit réceptif à l’autre, sans quoi la relation est déjà foncièrement contaminée par l’orgueil et par l’absence d’ouverture.

Ce qui doit être recherché dans une relation de proximité, c’est la transparence, l’honnêteté, la communication, l’humilité et le respect absolu de l’autre pour que chacun puisse se reposer le plus possible. Bien entendu, l’esprit peut toujours utiliser les événements pour générer des tensions entre les personnes, mais c’est à chaque ego de bonne foi de s’assurer que l’harmonie perdure en parlant à l’autre. Brièvement, chacun doit faire son possible pour ne pas mettre l’autre en position initiatique, même s’il est lui-même mis sous tension par son esprit. Souvent, un court échange en personne ou par voie électronique est suffisant pour stabiliser une situation qui ne tient que sur un fil.

C’est la capacité de chacun à parler et à réellement écouter l’autre au moment opportun qui devient la mesure fondamentale d’un ego pour évaluer la viabilité d’une relation. Évidemment, l’ego intelligent n’est pas intéressé à continuellement vivre des tensions, ni à lutter contre les plans invisibles à temps plein ; il recherche le repos. Il cherchera donc à s’entourer des gens qui veilleront à toujours protéger leur relation. Protéger une relation implique de toujours faire son possible pour que ni l’un ni l’autre n’ait un prix à payer face aux interventions des esprits.

Enfin, une faille dans les échanges entre des personnes de bonne foi peut parfois mener à un surcroît de subjectivité et à de la diffraction, ou alors à un excès de tensions. Toutefois, la guerre ne doit plus avoir lieu entre les humains ; il doit plutôt y avoir une lutte de chaque ego envers son esprit pour exiger qu’il y ait un point de rencontre entre les gens. Ce point de rencontre doit sans cesse être recherché, car c’est lui qui mène à la paix et au repos, tout en court-circuitant toute pénétration d’énergies mensongères dans les relations. L’énergie prépersonnelle peut alors pénétrer les egos qui deviennent de plus en plus intelligents et aptes à réellement aimer autrui.

— Sandra Vimont, 9 septembre 2018


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