L’ère du jetable

contact intérieur L’ère du jetable a fait son apparition dans la majorité des sociétés modernes actuelles. Cette ère s’oppose à celle qui était caractérisée par le maintien des formes et une persistance dans le temps. Ces formes pouvaient être matérielles (exemple : une personne qui habite au même endroit durant toute sa vie) ou interpersonnelles (exemple : le mariage pour la vie).

Incontestablement, l’ère de l’objet jetable correspond aussi à la relation de couple jetable, à l’emploi jetable, etc. Occultement, on peut y lire que la tension créée par une situation inconfortable mène de plus en plus l’ego à vouloir rechercher une situation plus favorable plutôt que de vivre un statut quo imparfait.

Qui a raison ? Qui a tort ? Comment s’y retrouver ?

Dans le cas du maintien inconditionnel d’une forme, des individus se sont vus supporter des situations très difficiles pendant des années, voire des décennies. L’évolution de leur psychisme s’est fait dans des circonstances dans lesquelles la souffrance devait être maintenue pour entrer dans une forme de tension continue. Les tensions se vivaient beaucoup intérieurement, car il n’y avait que très peu de place aux changements – les formes étant passablement cristallisées et peu malléables.

Dans le cas de l’ère du jetable, les individus ne veulent plus vivre de tensions et recherchent avant tout un état de plaisir et de bien-être immédiat. Ils ne veulent plus supporter l’insupportable et ont développé une grande capacité d’adaptation pour pouvoir passer d’une forme à l’autre, dans la visée d’être bien. Cette façon d’agir fait partie de l’accélération de l’évolution d’un ego de plus en plus alerte et contestataire face à ce qui lui génère des tensions. Toutefois, l’ère du jetable génère aussi beaucoup de rejets et de déchets. Ceux-ci sont à l’image de la réalité que l’ego n’a pas encore trouvé le point d’équilibre vibratoire entre la cristallisation de la forme inconfortable et le rejet automatique de cette forme.

Le point d’équilibre entre ces deux réalités se situe à l’extérieur du champ d’action de l’ego subjectif. Brièvement, le point de rupture absolu d’une forme se situe après que l’ego ait eu plusieurs communications avec l’Invisible, ce qui inclut le rapport de force de l’individu envers son esprit pour contester ce qui lui est imposé et qui lui génère des tensions.

Il est à noter qu’un rapport de force se produit lorsque l’ego conteste la façon dont il a été mis en initiation par l’Invisible pour le faire évoluer. Il dirige donc la colère qu’il ressent vers son esprit ou vers les êtres qui le dominent à partir du plan astral ou surmental, plutôt que de blâmer autrui ou l’événementiel et de rejeter la forme. Il se sert donc de la forme oppositionnelle (qui a nécessairement été créée pour lui, par son esprit) pour grandir en conscience, plutôt que d’y réagir subjectivement par manque de contenance énergétique. Lorsque l’ego est apte à contenir son énergie psychique, il renvoie son feu vers les hauts plans de sa conscience pour y construire ses corps subtils de demain (doublé éthérique et corps supramental). Il développe alors une communication bidirectionnelle avec sa conscience supérieure (son esprit et son Esprit universel), ce qui lui permet de s’instruire et de s’harmoniser plus rapidement avec le réel de ce qu’il vit. Il devient alors en harmonie vibratoire avec l’aspect évolutif de sa conscience.

Comment ressentir ou identifier le point de rupture absolu d’une forme ? Il se fait ressentir lorsque l’évolution de la forme est arrivée à une finalité, là où il n’y a plus d’évolution possible ; la tension psychique atteint un paroxysme. Ce ressenti n’est pas psychologique et ne fait pas partie de la réalité subjective de l’ego, mais provient d’un savoir élargi qui inclut la réalité de l’esprit et de l’Esprit universel dans l’ego. Le point de rupture peut aussi être ressenti dans le corps : l’énergie circule moins bien ou est bloquée dans les centres nerveux de l’ego, ou dans ses chakras. Il devient alors évident qu’un point de rencontre n’est plus possible entre deux réalités qui diffèrent trop en vibration ; il doit alors y avoir séparation.

Il est intéressant de savoir que le maintien d’une forme au-delà de son point de rupture permet à l’ego d’accumuler de la souffrance, pour pouvoir un jour vibrer à suffisamment de colère pour contester la réalité qui lui est imposée par les mondes invisibles. À l’inverse, le rejet de la forme avant son point de rupture oblige l’ego à vivre une sorte d’insatisfaction chronique, pour apprendre à entrer dans un rapport de force avec son esprit. Dans les deux cas, l’ego doit parvenir à intégrer l’énergie liée à la forme ou à l’événement vécu, c’est-à-dire de supporter psychiquement l’énergie que l’esprit utilise pour le faire évoluer. Il doit vivre l’émotion sans la diffracter, ce qui signifie qu’il ne doit pas la ravaler ni blâmer l’autre, ni se perdre dans un mécanisme de fuite psychologique qui le coupe de son ressenti. Il y parviendra lorsqu’il deviendra apte à supporter l’énergie sa réalité multidimensionnelle, pour graduellement devenir un avec elle. Il sera alors apte à avoir un rapport complètement évolutif avec la forme et avec autrui.

Incontestablement, la société cessera un jour de produire du jetable et de polluer l’environnement. À ce temps, il deviendra évident que l’époque du jetable aura été le résultat occulté de l’accumulation de tensions psychiques que les egos ne parvenaient pas à gérer. L’époque de la gestion totalement intelligente et créative des formes prendra son essor lorsque les egos seront aptes à ne plus diffracter leurs énergies prépersonnelles quand ils vivront des tensions. Ils seront capables de contenir leurs énergies jusqu’au point de rupture psychique des formes, ce qui correspondra au temps de l’expansion de leur véritable identité multidimensionnelle.

— Sandra Vimont, 21 juillet 2019