La dramatisation


Bonjour Sandra,

J’aimerais comprendre le phénomène de la dramatisation. Cela vient de l'âme ou de l'égo qui a besoin de toujours tout exagérer ? Mais dans quel but ? Mon conjoint est quelqu'un qui dramatise souvent. Est-ce son entité maîtresse qui l'amène dans ses craintes à imaginer le pire ? C'est rendu à un tel point que je serais portée à ne plus le prendre au sérieux. De plus, il n'est pas capable de le voir et de s'en corriger. On dirait que cela lui sert, pour me dominer par la peur, lorsque lui-même a peur ou se fait peur.

Merci,
Marie-Claude (Québec)



Bonjour,

La dramatisation se produit lorsque l’ego craintif et polarisé est incapable de supporter qu’il n’a pas de contrôle sur l’événement, et que celui-ci semble lui glisser des doigts. Il se fait dès lors astraliser en regardant par où l’événement pourrait aller, donc dans quelle direction pourrait aller sa souffrance – plutôt que de réaliser que tout est déjà su d’avance et que l’événementiel a toujours une visée évolutive. Ainsi, l'individu qui dramatise projette sa peur de souffrir et nourrit les formes qu’il perçoit via l’exagération, car son corps émotif vibre beaucoup et empiète sur son mental. Conséquemment, il demeure dans le volet psychologique de l’expérience plutôt que d’élever sa vibration via une étude froide et objective en lien avec ce qui se passe réellement dans sa psyché.

Pour cesser de dramatiser, l’individu doit être capable d’identifier les valeurs non réelles ou démesurées qu’il accole aux formes qu’il perçoit. Ceci lui permettra d’élever sa perception à un niveau plus objectif, ce qui atténuera automatiquement son impression que la vie doit obéir à ce que son ego veut qu’elle soit. Sa conscience deviendra donc de moins en moins polarisée, et il sera de plus en plus assis dans le savoir qu’une pensée réfléchie ne pourra jamais le libérer de la crainte, donc de la souffrance psychologique que vit son ego.

La crainte est inscrite dans l’âme, et l’ego réagit psychologiquement à cette crainte via un exutoire, qui, dans ce cas, est la dramatisation. L’individu aura besoin d’exutoires tant et aussi longtemps qu’il ne verra pas que les formes-pensées qui traversent son mental ne proviennent pas de lui. L’Homme devra donc apprendre à faire une gestion de ce qui entre dans son mental, ce qui requiert aussi qu’il intègre le principe que la pensée vient d’ailleurs, et ce, afin de mettre fin à la manipulation qui se fait sur son mental. Certes, s’il n’en est pas capable de faire ce pas, c’est qu’il n’a pas encore assez souffert de sa condition involutive. Cela ne doit pas être perçu négativement, puisque le temps d’intégration est différent pour chaque individu, et il n’est pas possible de forcer une telle intégration.

Bien sûr, l’entité maîtresse – qui fait pression sur la faille psychologique dominante de l’ego – fait partie de l’équation. Toutefois, celle-ci ne pourra pas être neutralisée tant et aussi longtemps que l’Homme n’intègrera pas la réalité qu’il n’est pas le point d’origine de ses pensées. Il en est plutôt le gestionnaire.

De votre côté des choses, il devient important que vous ne subissiez pas psychologiquement la dramatisation que fait votre conjoint, car vous y perdriez instantanément votre centricité. Il vous revient donc de voir clair à tout moment, tout en évaluant si votre conjoint a l’ouverture nécessaire pour faire l’étude de la forme qu’il subit. Un échange à deux en ce sens pourrait être intéressant.

Ceci dit, toute étude que vous ferez de votre côté élèvera votre regard à la réalité de ce que vit votre conjoint, tout en vous permettant de comprendre où ceci se situe au niveau de votre propre intégration. Voici quelques questions que vous pourriez étudier… Quelle est la visée évolutive de ce type d’événement pour vous, et dans votre couple ? Est-ce que ce type d’expérience vous donne une plus grande mesure de la résonnance de votre parole sur les plans ? Est-ce que ce le fait de voir votre conjoint dramatiser ainsi vous rend plus confrontationnelle en lien avec l’imposition d’un mensonge sur une psyché ? Est-ce que la dramatisation de votre conjoint fait vibrer votre corps émotif ? Est-ce que vous vous faites piéger ?

Bonne étude et au plaisir,

— Sandra Vimont, 2015



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