La sensibilité

sensibilité
Bonjour Sandra,

Je me permets de t'écrire par mail pour te demander quelques mots sur un sujet. Je me doute que tu as beaucoup à faire, aussi je n'attends pas une réponse rapide, si réponse il y a ! (...) J'espère que cette lecture ne sera pas trop fastidieuse.

J'aimerais beaucoup avoir quelques mots de ta part sur la sensibilité, parce que j'en ressens de ta part vis-à-vis les gens comme je n'en trouve pas chez d'autres personnes. Et ça me surprends de le ressentir à ce point. Cela rejoint un peu la question que je t'avais posé lors de l'échange sur Skype (...), dans un sens plus large.

Je pose mes questions en vrac parce que sinon je vais écrire des pages entières.

Quelle est l'origine de la sensibilité ?
Dans le réel, c'est quoi de la sensibilité ?
Ça vient d'un plan précis ?

Il m'est venu que plus on intègre qui on est, plus on se connaît, réellement, plus on devient sensible.. Cela aurait alors un lien avec l'intégration des principes universels ?... Si ça en a un, ça doit être de plus en plus souffrant de vivre en conscience sur le plan humain... Pas psychologiquement, mais intrinsèquement.

De ce que je ressens, selon ma façon de le vivre, la beauté fait partie de la sensibilité. Ça demande de la sensibilité pour harmoniser un ensemble, pour s'harmoniser soi, son environnement, jusqu'à son mental et sa conscience globale. Ça va du détail à l'infini, comme la parole. Pour moi la parole est l'outil le plus raffiné pouvant exprimer la sensibilité dans toute sa beauté... Pourtant il semble bien que très peu de personnes soient capables de ressentir la finesse de cette sensibilité.

Dailleurs, c'est relié à la vibration n'est-ce pas ? Une plus grande vibration égale une plus grande sensibilité, donc un plus grand raffinement, plus d'harmonie, de beauté, à tous les niveaux de l'être parce qu'il devient sensible dans tout ce qu'il est.

Justement, il semble que la souffrance de l'être est liée à ce raffinement de la sensibilité, plus encore dans la mesure où il poursuit consciemment un chemin d'évolution. Ça amène presque sur le sujet de la solitude en fait. Il y a un rapport c'est ça ? Je pose la question alors que je vis une solitude dans ma propre sensibilité, encore plus aujourd'hui. Même vis-à-vis la parole, que j'aime tant, de plus en plus j'en viens à percevoir ses limitations d'expression, surtout dans ces moments où ce qui me passe par la tête ne peut être manifesté par aucun mot !

L'esprit, l'esprit universel, la source... Quelles sont leurs affinités avec la sensibilité que l'on vit sur le plan humain ? Comment se peut-il que la sensibilité soit si peu évolué aujourd'hui ? À l'échelle planétaire je veux dire... Est-ce directement, ou intimement lié à la conscience ?

Je te suis très reconnaissant du temps que tu aura consacré à ce message ainsi qu'à sa réponse le cas échéant.

Le plus surprenant c'est que ça me fait du bien d'écrire ce message simplement parce que je sais qu'il sera lu par une personne d'une grande sensibilité. Pourtant je ne te connais pas. Je vais mettre ça sur le compte de la vibration, elle a bon dos ces temps-ci ! Eheh.

Et merci encore pour l'ensemble de ton travail, pour ma part c'est très stimulant et plaisant à parcourir.

Au plaisir d'une prochaine rencontre,

De toute ma vibration,

Kévin.



Bonjour Kévin,

La sensibilité correspond à la capacité de l’être à toucher au réel de qui il est et au réel de l’autre. Le point de départ de la sensibilité se situe à l’émergence de la conscience manifestée sur le plan supramental. Lors de la descente de la conscience humaine vers la matière, cette conscience a perdu une partie d’elle-même, et donc une partie de sa lumière. Sa sensibilité a donc été masquée par différents mécanismes de fuite psychologiques et ses corps se sont densifiés. Inversement, lors de la remontée de la conscience humaine vers la lumière solaire – ce que nous appelons le phénomène de la fusion – l’ego recommence à habiter des corps subtils qui sont de plus en plus éthérés et lumineux.

Plus l’individu réintègre la lumière qu’il a perdu lors de sa descente vers la matière, plus il déloge les masques dont il a eu besoin pour supporter la vie. Autrement dit, plus il déloge les entités qui interféraient dans son psychisme. Bien sûr, ces entités utilisaient sa lumière diffractée pour lui servir une soupe mémorielle involutive qui correspondait à son incapacité à supporter le réel de sa sensibilité. Alors brièvement, plus l’ego accède au réel de la vie, plus il accède à la grandeur de sa sensibilité…

L’intégration de la lumière prépersonnelle chez l’ego fait en sorte que les souffrances qu’il vit ne mènent plus jamais vers des mécanismes de fuite psychologiques pour l’aider à supporter la vie. En d’autres termes, lorsqu’il a intégré les trois premiers principes universels (ou alephs, soit la Volonté, l’Intelligence et l’Amour), aucune entité ne peut s’immiscer dans son canal mental de manière à le sortir de son réel. La souffrance qu’il vit est donc traversée intégralement – comme un face à face avec le réel de sa déchirure qui s’est produite lorsqu’il est sorti en conscience du plan supramental. Ce face à face avec les énergies de ses souffrances lui permettent d’affiner le diamant de sa conscience, car il en absorbe le réel pour entrer de plus en plus dans sa sensibilité. Chaque événement lui sert donc à prendre de l’expansion dans sa conscience et dans sa sensibilité.

L’ego cesse alors de fuir la vie, mais la traverse avec une force qui correspond à sa sensibilité expansive. C’est l’équilibre parfait entre son Intelligence et son Amour qui lui permettent de toujours avoir la force nécessaire pour régir sa sensibilité expansive. S’il fuit, il empêche l’établissement de l’équilibre entre son identité intelligente et son amour créatif. Il diffracte donc sa lumière et ouvre la porte aux entités qui prendront le relais dans sa vie.

La beauté dans l’ego grandit lorsque l’équilibre entre l’Intelligence et l’Amour se raffine, jusqu’à ce que l’ego devienne totalement centrique. Dès lors, l’ego a intégré l’énergie de son esprit, et aussi celle de son Esprit universel. Sa sensibilité fait alors partie de sa beauté expansive, et surtout, elle fait partie de sa réalité solaire en lui. Lorsque l’ego intègre les quatre alephs suivants, cette beauté devient encore plus grande, car la sensibilité de l’ego correspond à son réel solaire élargi. Les nuances de beauté deviennent encore plus grandes et sublimes, car de ses atomes émanent l’énergie des sphères qui le caractérisent. Il est alors possible de ressentir un sentiment de sacré – dans son sens le plus réel, et non en termes de soumission ou d’assujettissement à des croyances. Il y a une sorte de pureté d’être qui se dévoile ; il sait s’émerveiller devant la beauté et la grandeur du cosmos qui s’ouvre à lui comme une fleur au printemps.

La parole de l’être nouveau devient un vecteur d’expression important de sa Volonté intégrée et de sa sensibilité. Les nuances qu’il parvient à aller chercher ne sont pas polarisées, car sa conscience est libre d’interférences. Il est un être de communication, et il n’actualise dans sa vie que les pensées qui font partie du réel de sa lumière. Il ne génère pas la peur mais la beauté dans la vibration du réel. Sa parole n’est donc jamais utilisée comme vecteur pour nourrir des entités retardataires. En ce sens, elle ne résulte jamais de mécanisme de défense qu’il utilise pour fuir sa lumière, comme de vouloir se donner raison, dominer, manipuler ou imposer. Sa parole sert plutôt à véhiculer une lumière intégrée en utilisant les meilleurs mots possibles pour parvenir à définir le réel de la vie.

La sensibilité de l’ego vis-à-vis son ressenti devient sa mesure pour définir le réel de la vibration qu’il émet lorsqu’il parle ou écrit. L’ego doit donc être capable de se regarder aller, sans se mentir et sans fuir sa propre lumière. Cela dit, c’est parfois difficile pour l’ego en évolution de conscience de trouver les bons mots pour exprimer le réel de ce qu’il vit ou ressent… pour exprimer une vibration qui lui tient à cœur. C’est par la pratique et l’expérience qu’il parviendra à définir les nuances du réel de ce qu’il vit. Cette expérience est importante, car c’est à travers les événements et les sentiments vécus – et qu’il tente de définir par sa parole – qu’il parvient à exprimer la vie. Certes, chacun définit la vie en fonction de la sensibilité qui le caractérise.

L’ego peut se sentir très seul dans sa sensibilité s’il ne parvient pas à rejoindre autrui via la vibration qu’il émet. Par exemple, une personne pourrait avoir tendance à croire ou rejeter ce qu’il dit, plutôt que d’entrer dans le réel de la vibration qu’il exprime. Cette personne croit donc ses pensées et passe outre le réel pour se donner raison de quelque chose, c’est-à-dire pour protéger une faille qu’elle n’est pas prête à dévoiler. C’est à ce moment que des entités prennent d’assaut sa conscience, et il devient alors très difficile de communiquer avec elle ; sa conscience est à l’écart et ce sont des entités qui s’expriment. Ce scénario durera tant et aussi longtemps que cette personne ne parviendra pas à entrer dans le réel de sa sensibilité, dans le réel de sa lumière et de ses souffrances, sans se mentir, sans fuir. Elle doit parvenir à être totalement authentique et transparente.

L’ego qui prend conscience du viol mental que subit l’autre personne ne peut qu’agir le mieux possible, c’est-à-dire de ne pas nourrir davantage les entités chez cette dernière. Alors oui, cet ego peut se sentir très seul dans la communication, car il ne parvient pas à entrer dans une fluidité de conscience avec l’autre. Il y a donc un bris dans le réel qui les sépare. Bien sûr, ce bris s’applique aussi à toute forme de communication non-verbale.

L’ego qui intègre l’énergie Intelligente de son esprit a de l’identité (ou une définition identitaire), mais il peut encore être assujetti aux entités surmentales dans son psychisme. Il peut donc être déséquilibré psychiquement s’il n’a pas suffisamment de regard ou de respect envers autrui. Dans ce cas, sa sensibilité peut être complètement pervertie, car son amour est principalement dirigé vers sa personne. Cela ne signifie pas qu’il n’est pas sensible, mais plutôt qu’il ne parvient pas à intégrer cette sensibilité, car c’est encore trop souffrant. Il a donc encore besoin d’entités dans son psychisme pour parvenir à supporter la vie.

Lorsque l’ego intègre l’énergie d’Amour de son Esprit universel, sa sensibilité inclut son réel et le réel de qui est l’autre. Sa sensibilité est donc solaire.

Lorsque l’ego intègre l’énergie de la Source, sa Volonté intégrée liée à tous les alephs solaires lui permet de savoir qu’aucun événement ne peut le sortir de sa lumière, car il est déjà complet et intégral en lui-même. Il régit la vie à la perfection et sa sensibilité devient son gouvernail pour traverser les événements avec brio. Les événements deviennent dès lors ses leviers pour voyager dans le cosmos.

Aujourd’hui, l’ego planétaire est en phase de transition ; chaque ego avance un pas à la fois, à son rythme, en fonction de sa capacité plus ou moins grande à supporter le réel de sa lumière. Il doit d’ailleurs être su qu’il y a de plus en plus de lumière supramentale qui descend sur la Terre, ce qui fait en sorte que certains egos diffractent beaucoup cette lumière, et d’autres parviennent à l’intégrer. Dans ce contexte, certains egos sont utilisés pour en polariser d’autres, pour que finalement, chacun parvienne à se définir en son temps.

Au plaisir,


— Sandra Vimont, 28 mai 2020