L’intellect

Voici un bref aperçu pour répondre à quelques questions concernant l'intellect humain.

Au cours des siècles, le développement du mental humain a permis de réduire les superstitions et les croyances populaires issues des consciences collectives naïves. L'ego s'est édifié sur des peurs subconscientes et un intellect embryonnaire, terre à terre mais apte à l'acclimater et lui permettre un certain confort face aux rigueurs de la survie matérielle. Grâce à l'intellect, le « je » s'est développé par l'auto-réflexion et l'homme a appris à se sécuriser psychologiquement. Éventuellement, l'ego s'est individualisé avec un mental plus structuré et une identité liée à sa mémoire. L'évolution progressive de la pensée cartésienne a également servi à contrôler l'activité émotionnelle encore très dominante dans la nature animale de l'homme primitif.

L'intellect est la faculté raisonnante, cérébrale ou cartésienne qui donne à l'ego l'impression qu'il contrôle ses pensées. L'intellect peut, par déduction trouver des réponses qui cadrent parmi des informations existantes. Il se sert de la mémoire pour faire des liens ou donner les preuves limitées d'un raisonnement. Il aime s'exprimer et se nourrir des connaissances qu'il emmagasine. Il étudie par fragments et compartimente ses constats. Nous pouvons cependant voir que l'intellect est prisonnier de lui-même puisqu'il est la faculté principale du contrôle et de la maitrise pour l'ego. Parce qu'il nourrit l'ego suffisamment pour rassasier son besoin de compréhension et parce qu'il paraît complet dans sa capacité mentale, il ne peut être remis en question par l'ego, d'autant plus qu'il est souvent son meilleur allié. Ce mental inférieur peut rendre l'ego orgueilleux ou encore le rendre insécure dépendant des illusions et des émotions qui existent dans l'inconscient. Le cerveau rationnel peut réussir à étouffer les émotions qui le menacent, sans toutefois les éliminer. De plus il travaille conjointement et insidieusement avec d'autres émotions qui conviennent à ses prises de position, le rendant ainsi inapte à l'étude objective et poussé du monde de la pensée et des sciences de l'esprit. Cependant, il convient parfaitement aux domaines des calculs et des mathématiques même si depuis quelques années l'ordinateur lui a ravi ce titre avec une victoire symbolique de champion mondial des échecs.

L'intellect ne ressent pas la vie, il se ressent dans la réflexion. Le rationnel comprend la logique des choses sans pouvoir absorber l'énergie de ces choses. Il est perdu devant la nouveauté ou l'inconnu car il est sans discernement en l'absence de ses références. Il est très dépendant de sa bibliothèque de mémoires dont le contenu est cimenté aux émotions qui l'habitent. Sans le savoir, l'intellect fait interférence à l'ouverture intuitive et à l'écoute de soi. Il peut essayer de deviner ou de faire des hypothèses basées sur des faits partiels mais son incertitude devra attendre que la preuve soit faite. Le mental cérébral inférieur est hypnotisé par une panoplie d'illusions qui l'ont entaché des impressions de sa supériorité pensante. Mais tôt ou tard, l'ego insufflé par un discernement en éveil, se rendra compte du mensonge et des limitations de son muscle cartésien.

Tant que l'ego vit dans le désir d'apprendre et cumuler du savoir, il est englobé par l'intellect qui s'interpose en tant que mécanisme de soutien principal. L'activité de l'intellect en rapport avec sa mémoire prend tant d'espace qu'il fait obstruction au travail de l'énergie de l'esprit qui ne peut entrer en circulation dans le cerveau. Le rationnel qui est assez développé peut facilement pirater l'esprit en éveil, à l'insu de l'ego qui en sera enchanté. Pour ajouter au problème, l'ego est aux prises avec un système émotionnel qui est syntonisé à son intellect. En effet, lorsque le mental s'exprime librement et que l'ego se sent nourri, le plaisir ressenti par l'ego peut facilement lui faire croire qu'il s'agit de l'activité supramentale. Ce sont l'orgueil et les polarités qui polluent l'intellect. Il faut réaliser que les polarités sont toutes les adhésions aux formes qui ont constitué l'empirisme de la psyché humaine. Ces jeux de l'esprit, de l'émotion, de l'intellect et de l'ego font partie d'une phase de transition difficile à traverser et qui précèdent l'intégration de conscience qui donne la capacité à l'homme de faire une lecture objective du mouvement de l'énergie à travers ses corps.

Le corps mental inférieur fait partie des attributs nécessaires à l'involution tout comme les corps émotionnel et vital. Le développement de ces facultés terrestres a permis que le processus évolutif prenne un nouvel essor. En effet, l'humain sensible, en quête du réel, a la possibilité de découvrir l'autre partie de lui-même. Celle-ci se révèle progressivement selon la réceptivité et la capacité de compréhension intuitive de l'ego. L'intelligence expansive de l'énergie devait nécessairement attendre que l'intellect soit suffisamment développé avant d'entreprendre sa transformation vers la supraconscience. Parallèlement, la parole instructive de l'ego, se perfectionne au rythme ou l'intellect peut faire place à la vision impersonnelle de l'esprit. Mais avant que ceci ne soit activé, le moi, fier de son intelligence programmée, doit faire le constat que l'orgueil qui manipule son réflexe cartésien, l'empêche de gouter aux fruits d'une intelligence libre. Tant que la pensée se voit teintée au centre du petit "moi", l'intellect peut se trouver valable mais au détriment des facultés latentes et supérieures du Soi universel.

Au cours de son cheminement, l'être en éveil se voit confronté aux restrictions que le mental inférieur lui impose. Afin de franchir les seuils rigides qu'il perçoit et qui le menace d'une certaine stagnation, il doit vivre la remise en question de son outil cérébral. Et c'est précisément dans ce rôle d'outil qu'il apprendra à situer son intellect. L'intellect n'est pas fautif en soi puisqu'il offre une capacité d'expression et de compréhension nécessaire dans un monde qui se complexifie sans cesse. Cependant, le mental logique sera éclipsé par la qualité d'un mental supérieur qui l'obligera à restreindre sa présence. Le discernement sensible, l'intuition supramentale et la vision globale offriront la clarté de conscience qui placera l'intellect en position de subordonné. Seule une conscience supérieure peut convaincre l'ego des limites de son attribut rationnel. En se servant de notions qui ne font pas partie de son mécanisme de réflexion, l'esprit doit déjouer l'intellect et même l'émerveiller en présence de l'ego qui doit apprendre à se nourrir d'une pensée plus raffinée afin de collaborer à la transcendance de ce processeur désuet. Cette graduelle métamorphose du rationnel permet au cerveau de canaliser et de décoder l'énergie selon les besoins créatifs de sa connexion supérieure.

— Antoine B.


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