Le regard de l’Homme sur la pensée

Il est intéressant de remarquer que depuis des siècles, l’Homme croit qu’il est l’origine de sa pensée. Cela le contraint à vivre sa pensée selon une structure égoïque lié à la vie qu’il veut se donner sur la Terre. Mais réciproquement, cette vie que l’Homme cherche à se donner est souvent difficile car rarement, pour la plupart des Hommes, elle ne les mène là où doivent être. Par exemple, une personne se fait dire qu’elle est ceci ou cela, et selon le degré de scolarité que l’autre possède, elle croit que cette richesse de la connaissance de la vie, c’est aussi la vie.

La pensée est, depuis des âges, étudiée par l’Homme – mais foncièrement au niveau des structures psychologiques de sa conscience matérielle. Pour cette raison, la plupart des gens qui se feront dire qu’ils perdront leur travail dans un futur rapproché seront menés à la déroute. Tout s’écroule, parce que la première réalité qui vient en tête sera celle de vivre l’insécurité de se trouver un autre travail. Les pensées négatives qui s’enclenchent sont alors au maximum, si bien que les personnes concernées en viennent à croire que leur travail, c’était celui de toute une vie.

Les origines de la pensée seront tenues au silence dans la tête d’un individu, et ce, tant et aussi longtemps que ce dernier ne comprendra pas que la vie, ce n’est jamais linéaire. Cela veut dire qu’une vie ne répond jamais au désir d’un ego dans la matière. Affirmer que si on le souhaite suffisamment, notre rêve se réalisera, c’est croire que l’Homme a l’autorité de distinguer entre ce que la vie doit être pour lui à des fins d’évolution, et ce que lui veut être à des fins égocentriques. Et ce discernement, l’Homme qui croit posséder ses pensées ne l’aura jamais, parce que la pensée est énergie, et venant d’ailleurs, répond à un agenda involutif ou évolutif – selon les circonstances de la programmation de l’âme dans l’ego visé.

Porter un regard unique sur la vie exige que la vie de l’ego se tasse. Tout individu suffisamment éveillé apprendra à reconnaître qu’il doit accepter que la vie n’est pas linéaire. Mais pour accepter cela, il faut savoir que l’autorité de la vie sur sa vie n’est jamais une question d’ego. La vie est toujours plus grande que l’autorité des rêves de l’ego. En ce sens, il est inutile de croire que l’on peut obtenir de la vie ce que l’ego veut.

Vertement, la vie de l’Homme se résume donc à un exercice simple lorsqu’inconsciente, parce qu’elle est annexée à de la mémoire. Cette mémoire c’est l’âme, et ainsi va la vie des pensées dans un individu, soit qu’il recevra dans sa tête les pensées qui feront l’affaire de l’âme et de l’ego. Pourtant, il y aura dans cette vie de l’âme plus de mauvais moments que de bons, car la programmation qui l’assujettit répond à une dictée – évolutive ou involutive.

Fortuitement, tant que l’individu ne dépasse pas l’illusion que la pensée lui appartient, il vit de l’âme. En ne vivant que cet aspect de la vie, il développe certes son libre-arbitre égoïque, nécessaire à la construction des pensées qui viendront à lui pour supporter ses désirs. Mais ce ne seront pas tous ses désirs qui seront comblés, car l’individu ne pourra qu’accomplir, en fait, ceux de l’exercice de sa programmation jumelée à la mémoire de l’âme qui le définit. Dans l’ensemble, le spectacle de l’ego de se donner l’autorité d’être la source de la pensée est toute une illusion, orchestré par le théatre de l’âme.

Il est naturel pour l’ego de vouloir s’approprier les structures de la pensées, car cela le sécurise dans le noyau de l’âme. Mais l’âme est un miroir aux allumettes qui ne peut avoir accès à l’origine de la pensée, car elle sera toujours à la limite un symbole de vie involutive pour l’ego. Comme elle ne peut extraire dans le souffle de son opposition avec la mort l’assurance qu’elle ne meurt pas, elle ne peut enrichir la vie de l’ego et lui donner l’autorité nécessaire pour se corriger. En ce sens, l’ego accepte la vie de la programmation de l’âme sans être l’autorité de l’Homme sur la vie à la mort.

À ne pas oublier : l’âme meurt, alors que l’esprit reste intact dans la mort. La nuance est importante et réside dans le fait que l’un sait que la pensée vient d’ailleurs et que l’autre ne le sait pas. C’est en ce sens, que le regard de l’Homme sur la vie deviendra libre des intempéries de la vie ; de l’esprit dans un ego permet à l’Homme de se réinventer, et ainsi de se rapprocher de ses origines, qui elles sont cosmiques et non animiques.

Si la pensée ne venait pas d’ailleurs, l’Homme ne pourrait jamais se réinventer et se corriger. Il se croirait plus grand que la vie, alors qu’il doit être un jour grand de la vie. Et pour être grand de la vie, l’Homme doit accepter de ne plus croire ses pensées. Ce constat saisi, il commence alors à étudier la pensée et s’aperçoit assez rapidement qu’il est impossible pour lui de donner cours à une pensée qui l’inviterait à se sentir stupide quand un événement lié à sa programmation le fait souffrir.

Être conscient, finalement, c’est de savoir à la base que le regard de l’Homme sur la pensée ne devrait jamais l’amener, lui, à croire qu’il possède l’autorité d’orchestrer dans sa vie les expériences liées à son développement. Si cela était, il serait assez mal foutu pour expliquer tout ce qui ne va pas bien dans sa vie. Encore plus, il serait obligé d’endosser égoïquement tous les mauvais choix qui le poussent à vivre, dans sa vie, les malheurs de son âme.

— Marc de LaSalle


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