Les circonstances astreignantes

Dans la psychologie de l’ego, il y a régulièrement des entrées astrales qui restreignent la vision de l’Homme. Au départ, ces entrées se recoupent d’une circonstance astreignante, qui elle, s’oppose à une vision définie de la vie sciente de l’ego dans l’Homme. Toute circonstance astreignante est un événement impromptu qui fait soudainement éclater l’ego en sanglots. Cela veut dire qu’une émotion s’immisce dans la conscience de la personne pour changer l’équilibre de sa journée. C’est à ce temps que le trémolo de l’émotion dans le mental de l’individu atteste de la réalité vécue. L’ego est donc ébranlé par ce qu’il vit.

Bien évidemment, la circonstance astreignante maximise toujours le degré de fragilité de l’ego face à la vision incomplète qu’il a de lui-même. La fragilité de l’ego provient d’une absence de nuances, et c’est ce qui facilite la mise en place d’une circonstance astreignante pour tester l’ego. Une émotion surgit et met en évidence la dualité que l’ego vit. Psychiquement et psychologiquement, l’Homme n’a alors pas le choix de changer la façon de se voir en tant qu’ego, parce qu’il est ébranlé par la situation. Par contre, il est aussi important que l’individu ne se déprécie pas quand vient le temps de reconsidérer la vision qu’il a de lui-même en relation avec sa vie. Le pouvoir de division d’un seul événement ne doit jamais devenir plus grand que la constance et la continuité mentale de l’Homme à établir que ce qu’il est équivaut à l’intégrité de ce qu’il sait de lui-même. Enfin, l’Homme doit savoir qu’il possède toujours les ressources nécessaires pour se repositionner face à ce qu’il vit.

Une circonstance astreignante ne doit jamais faire basculer la conscience de l’Homme vers un comportement imprévisible de son ego. Certes, il est difficile de vivre une opposition qui change le cours d’une journée. Ainsi, il est commun d’entendre une personne dire que ses paroles ont dépassé sa pensée. Cela est courant, car le poids émotif d’une circonstance astreignante sur l’ego est grand. Sans détour, l’individu explose émotivement parce que la compréhension entre ce qu’il vit et ce qu’il est n’est pas claire. Souvent, l’ego emprunte alors le sentier de la déresponsabilisation, qui elle, n’est pas une route servant à l’émergence de la stabilité et à la neutralité de l’ego.

Il faut une lecture appropriée pour qu’une émotion vécue ne divise pas davantage l’ego dans sa parole face à une situation. Toute circonstance astreignante teste l’ego dans ce qu’il est. Comment réagit cet ego lorsque la résultante souhaitée n’est pas au rendez-vous ? Que se passe-t-il dans le mental de l’individu qui est visé par une situation externe ébranlant la vision qu’il avait de lui-même ? Par exemple, votre patron vous envoie une note de service exprimant sa colère face à un travail qu’il considère bâclé. Subitement, votre réalité peut très bien être plongée dans un concours de circonstances qui ne vous appartient pas, mais qui exige de votre part une définition plus grande.

La circonstance astreignante possède toujours les ingrédients de la division. Par contre, l’ego qui est apte à gérer l’émotion peut aussi gérer la pensée astrale qui vient. Parce que l’ego ne prend pas la responsabilité intrinsèque de s’accréditer ce qu’il lui arrive, il replace avec dextérité la hardiesse de l’émotion vécue dans un cadre de réalité non divisible pour son ego et sa conscience. Bien entendu, cela ne veut pas dire que la circonstance astreignante ne le malmène pas dans son ego. Ce qui compte, c’est l’équilibre de sa conscience pour que sa journée redevienne agréable. Parce qu’il se définit davantage en relation avec ce qu’il est et non ce qui lui arrive, il sait qu’un travail bâclé ou non ne fait pas le poids contre la vision qu’il a de lui-même. Ainsi donc, l’Homme apprend à être attentionné à ce qu’il vit, tout en sachant que son ego ne sera jamais parfaitement préparé à vivre une quelconque réalité dont la missive est de le déstabiliser à des fins d’évolution.

— Marc de LaSalle


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