Quand rien ne se met en place

Il arrive parfois, et même souvent, que les mouvements et actions effectués par une personne n’aboutissent concrètement à rien. Bien que la présence de la volonté de l’individu se manifeste pour ouvrir certaines portes servant à amener une nouvelle dimension à la réalité vécue, il n’en demeure pas moins que ce sera toujours l’élément impondérable du temps qui décide de tout. Faut-il à ce moment se mettre vibratoirement en colère contre cette situation ? Oui d’une part, lorsque la personne reconnaît chez elle une certaine brisure dans sa volonté à maintenir sur l’événement son autorité, et non d’une autre part, quand l’individu réalise que tout ce qu’elle fait s’inscrit exactement dans ce qu’elle considère être ce qu’elle doit faire.

Pour maintenir son autorité sur une situation, l’Homme doit avoir le pouvoir de manifester son identité à travers l’exercice de sa volonté. Par exemple, une personne qui est à la recherche d’un travail n’a pas à s’éparpiller ou à douter de ses acquis pour en trouver un. Certes, il se peut que le travail amené soit complètement différent de celui que vous aviez auparavant. Par contre, il ne peut s’éloigner de l’identité que vous manifestez dans votre quotidien. Notamment, il est peu probable que vous acceptiez un travail qui ne vous convienne pas au niveau du respect si vous avez une mesure exacte de ce que vous êtes. Mais encore-là, il se peut aussi qu’un nouveau travail ressemble étrangement à ce que vous avez à acquérir pour ajouter une flèche nouvelle à votre arc du respect.

Dans l’ensemble, quand rien ne se met en place pour soi, il faut à l’ego la volonté de maintenir son autorité sur la situation ou les événements vécus afin que le doute, l’orgueil ou la culpabilité ne s’installe pas. Cette capacité de gérer l’absence à l’intérieur du « rien ne se place » est ce qui donne à l’ego une plus grande définition de ce qu’il est réellement. Par conséquent, l’Homme reste au-dessus de la mêlée, c’est-à-dire que sa relation mentale avec la situation oppositionnelle est intégrale, et surtout, elle ne l’empêche pas de dormir.

Lorsque l’ego n’est pas conscient qu’il se joue une « game » au-dessus de sa tête, il devient une proie facile pour le découragement. C’est cette invitation à la manifestation d’une volonté tiède devant l’événementiel qui, dans une journée, jouera à quelque part contre lui. L’Homme perd ainsi le fil des événements et oublie que tout ce qui vient à lui ne dépend pas de lui. Par exemple, il se peut que vous manquiez une entrevue pour un travail parce que le téléphone n’a tout simplement pas sonné au bon moment. C’est à ce temps que l’ego peut se faire tester dans ce qu’il vit.

À l’opposé, lorsque l’Homme reconnaît que la seule autorité qu’il a sur la vie est de générer sa conscience en relation avec les actions qu’il considère siennes, l’imprévisible peut alors se matérialiser dans sa journée. À ce temps, l’Homme ne se perd pas de vue et intègre que l’Homme conscient ne se trompe jamais. Son devenir est le sien et rien ne pourra faire en sorte qu’il veuille s’approprier une réalité qui ne sera pas sienne. Amené autrement, le temps d’une action à réaliser par l’Homme ne doit jamais provenir du besoin d’être libre d’une situation vécue, mais bien d’être libre de la situation vécue parce qu’il se sait en mouvement.

Principalement, l’Homme ne peut pas être libre de la vie dans la vie s’il n’est pas maître des actions qu’il pose pour se rendre libre des Dieux et de la programmation d’âme qui pend au-dessus de sa tête. Tout dans la vie a un temps de réalisation. Il n’y a rien que l’Homme puisse faire pour essayer de devancer son temps, car celui-ci relève d’une conjoncture parfaite en relation avec des événements circonstanciels appartenant à la genèse de la matérialisation d’une conscience intégrale ou partielle. En d’autres mots, pour rester intact dans sa conscience, l’Homme doit se lever le matin en étant assuré que l’action qu’il pose est celle qu’il veut bien poser.

Enfin, c’est en sachant ce qu’il veut faire de sa journée que l’Homme prend action sur les Dieux et sa programmation. Outre le fait qu’il ne se passe rien, il prend soin de sa conscience et ne s’exténue pas à faire mille et un mouvements pouvant lui laisser croire que c’est lui qui se trouve une job. Parce qu’il sait que tout se met en place selon un temps ; il se rapproche, même quand rien ne tourne pour lui, de la matérialisation de ce qu’il sait de lui-même. Il est un être de décision qui s’oppose à toute manifestation de l’astral qui cherche à lui prouver le contraire, et particulièrement après une journée plus difficile que les autres.

— Marc de LaSalle


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